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Bruine squamma


Oeuvres

Claudine Eizykman

Bruine Squamma 2ème partie : Séries Brutes

1972-77
00:50:30

Thèmes du film : Expérimental français années 70, le Temps

Versions distribuées : Version 1 :
Copie film
16mm
00:50:30
couleur
silencieux
Tarif de location : Nous consulter
Disponible : Distribué(e)

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Cinédoc Paris Films Coop

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"Vitesses Textures Battements
Eprouver que sa perception change de vitesse, que son cerveau et son corps s'emplissent de mouvements. Il n'y a guère que l'angoisse, la souffrance et le plaisir sexuel qui suscitent l'ébranlement dans le corps et dans le cerveau, de mouvements. Et encore ceux-ci sont-ils fondus dans des implications, gainés dans la ouate quasi naturelle qui baigne toute notre moblité corporelle/cervicale, différant, estompant l'éprouvé direct des mouvements, battements, dont notre vie est formée. Ce que je voulais voir dans Bruine Squamma, c'est le décollement de la figuration d'avec ce qui la produit, les battements, les textures, les vitesses.
Le travail sur les textures, les vitesses, les battements a fait immédiatement apparaître et cristalisser pour chaque série des constituants base du cinéma. Les constituants du cinéma ne sont pas d'un ordre descriptif, ils agissent non pas dans l'aplat de l'image mais dans l'épaisseur du travail psychique, c'est pourquoi il fallait pour chaque constituant, remettre en jeu la continuité créée, et la casser avec une nouvelle série de battements textures/images couleurs et chaque fois les intégrer à la génération précédente.
Ainsi comme le disait Guy Fihman, Bruine Squamma c'est aussi l'histoire d'une femme (N.K.) qui sort de chez elle (Maison de Mozart) file à toute allure (tunnels) rejoindre un homme (bléneau+nuage). Et pourtant j'ai voulu que la forme du film soit la plus filante, la plus sécante, la plus ténue possible, un continuum de battements où fluctuent en incessantes métamorphoses des remous. J'ai voulu parcourir dans une forme tremblée et fixe, des états qui ne cessent de s'étioler et de se prendre dans des battements infixables."
Claudine Eizykman dans Erres n°5, 1978.

"Bruine Squamma (bruine : espèce de brouillard qui prend et renvoie la lumière, et squame : lamelle épidermique qui se détache de la peau) de Claudine Eizykman, est une oeuvre impressionnante par l'organisation et le brouillage de séries d'images intermittentes, répétées et variées à l'infini, sans aucune volonté de narration. Rien que des flashes, explosions, extinctions, taches d'images qui se succèdent, se décalent, se superposent, comme dans un jeu de cartes transparentes."
Boris Lehman dans La relève, 25/11/77.

"Bruine Squamma vient après V.W. Vitesses Women et continue avec bonheur son projet de produire directement à partir du film et simultanément à notre perception des éprouvés psychiques et corporels de tremblements, de tressaillements, en irruptions lentes ou rapides. Dans Bruine Squamma le travail porte sur les vitesses, les textures et les battements. Par plusieurs générations d'incrustations de l'image sur elle-même (jusqu'à douze fois) par les battements multiples d'une multitude de textures, les cycles décalés de quelques séquences de base, elle déstabilise non seulement les rythmiques comme dans VW mais lacère l'image comme par une infinité de transparences, de glissements démultipliés. Dans ce film qui nous engouffre elle réussit une fois de plus à nous mener au point où nous ne sommes plus que rythmes, volumes, vitesses, et les constructions et parcours incessants, qu'y fraient notre perception et notre pensée. Claudine Eizykman nous fait passer au delà du temps chronologique irréversible au delà de la construction ou déconstruction d'objets, pour nous mettre directement en phase avec les processus mentaux les plus rapides et les plus complexes."
Dominique Willoughby, programme Ciné-MBXA, Janvier/février 1980, Paris.