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Nos réalisations

NOVEMBRE EXPERIMENTAL - CLAUDINE EIZYKMAN

Du 01 Novembre 2019 Au 30 Novembre 2019

Ce mois de novembre 2019 sera expérimental,avec plusieurs événements autour de l’œuvre de la cinéaste-théoricienne Claudine Eizykman.

Publication de ses textes théoriques, intégrale de ses films en dvd, colloque (à l'INHA les 27/28 novembre) et rétrospective en salles en 16 mm.

° Rencontre le jeudi 14 novembre, 18h30 à la Librairie du Cinéma du Panthéon

Rencontre avec Dominique Willoughby autour de la sortie du DVD, Intégrale des films argentiques (1969-1981) de Claudine Eizykman (Cinédoc) et du livre Le film-après-coup (Presses Universitaires de Vincennes), premier recueil de textes inédits ou introuvables de Claudine Eizykman, constituant une refondation radicale de la théorie du cinéma, élaborée et approfondie de 1970 à 2018.

° Projection le lundi 25 novembre, 20h au Studio des Ursulines

V.W Vitesses Women (36’, 16mm, 1972-74), Claudine Eizykman

« Claudine Eizykman avec Vitesses Women, film torentueux, éblouissant, entre-croise plusieurs séquences selon des rythmes divers, parfois proches des seuils perceptifs, permettant le dérèglement des sens souhaité par Rimbaud, ouvrant la voie à un autre mode de perception. » Michel Nuridsany

Ultrarouge-Infraviolet (31’, 16mm, 1974), Guy Fihman

« Ultra-rouge Infra-violet : temps/couleur. Couleurs : le cinéma ne connaît que les couleurs standards qui sont les normes de fabricants de surfaces sensibles et des laboratoires de traitement des émulsions - ici apparaît toute la gamme chromatique (visible/impressionnable par le support chimique) là où habituellement un seul système chromatique, réputé vrai, normal, devrait advenir. Couleurs. Couleur c’est l'intensité qui est. Temps : les variations chromatiques s’effectuent à partir d’un tableau-les toits rouges de Pissaro - avec des procédures et des rythmiques spécifiques. Une totale fixité qui s’accompagne d’une double fluidité, chromatique et rythmique - les seuls mouvements qui se produisent n’en sont pas : l’appareil perceptif traduit en mouvement ce qui n’est que variation du spectre chromatique et modification de l’intensité lumineuse. »

° Projection le mardi 26 novembre, 20h au Grand Action

Bruine Squamma (120’, 16mm, 1972-77), Claudine Eizykman

« Éprouver que sa perception change de vitesse, que son cerveau et son corps s’emplissent de mouvements. Il n’y a guère que l’angoisse, la souffrance et le plaisir sexuel qui suscitent l’ébranlement dans le corps et dans le cerveau, de mouvements. Et encore ceux-ci sont-ils fondus dans des implications, gainés dans la ouate quasi naturelle qui baigne toute notre mobilité corporelle/cervicale, différant, estompant l’éprouvé direct des mouvements, battements, dont notre vie est formée. Ce que je voulais voir dans Bruine Squamma, c’est le décollement de la figuration d’avec ce qui la produit, les battements, les textures, les vitesses. » Claudine Eizykman, Erres n°5, 1978.

° Colloque le mercredi 27 et le jeudi 28 novembre, 9h-18h, à l’INHA

Claudine Eizykman – Faire penser le cinéma

Avec Guy Fihman, Dominique Willoughby (PR - Université Paris 8), Francis Haselden, (ENS-Paris), Françoise Coblence (Université de Picardie-Jules-Verne, Société psychanalytique de Paris), Paolo Bertetto (Università La Sapienza-Roma), Grégoire Quenault (Université Paris 8), Dario Marchiori (Université Lumière Lyon 2), Patrick de Haas, Mireille Laplace (Grains de Lumière, Marseille), Prosper Hillairet (Université Paris 8) Jennifer Verraes (Université Paris 8), Federico Rossin (programmateur indépendant)

Projections lors du colloque :

L’autre scène (6’, 16mm, 1969-1972), Claudine Eizykman, Dominique Avron, Guy Fihman et Jean-François Lyotard

Operneïa (45’, 16mm, 1976-1980), Claudine Eizykman

Moires mémoires (25’, 16mm, 1972-1978), Claudine Eizykman

Melba Film Coop (6’, 16mm, 1977-2019), Dominique Willoughby

° Projection le mercredi 27 novembre à 20h au Reflet Médicis

L’autre scène (6’, 16mm, 1969-1972), Claudine Eizykman, Dominique Avron, Guy Fihman et Jean-François Lyotard

« C’est une tentative qui vise à manifester (et non à signifier) avec les images et la matière sonore comment fonctionne une publicité : ici la lame Gillette. L’autre scène devait inclure d’autres séquences portant sur d’autres champs que la publicité. Le titre, emprunté à Freud indique l’importance accordée aux opérations du travail du rêve par rapport au travail du film. » Claudine Eizykman, programme CNAC- Centre Georges Pompidou, décembre 1980.

Maine Montparnasse (12’, 16mm, 1972), Claudine Eizykman

« C’est une portion de Maine Montparnasse, un immeuble et son prolongement sur la gare qui a été filmé d’un 5ème étage perpendiculaire à cet espace, selon les lignes de force déployées ou opposées : mouvements rectilignes ou ondulés, mouvements larges ou focalisants, mouvements lents ou rapides, mouvements aller-retour. Le plan ainsi obtenu a été travaillé selon les composantes spatiales fondamentales qui sont aussi les composantes du ruban : haut/bas, droit/gauche, avant/arrière, et l'accumulation finale de ces composantes. » Claudine Eizykman

Lapse (75’, 16mm, 1976-1981), Claudine Eizykman

« Lapse : peut-être son plus beau film. Car ici, la trame (y compris au sens narratif - mais c’est une trame en morceaux, un eidos de trame) est simple : quelques plans, généralement liés, fondus l’un à l’autre par la surimpression ou l’incrustation du plan précédent, rétréci, dans le plan suivant. Quelqu’un téléphone d’une cabine publique, dans la rue. Un personnage courant (le même), (pour)suivi par deux autres. Une jeune femme s’écroulant lentement, abandonnant en tombant sa robe, gisant alors nue sur le sol... Et avec ce matériau, infiniment repris (dans des ordres divers, semble-t-il) comme une séquence de film structurel (mais qui n’en n’est plus un, car l’essentiel est ailleurs que dans la structure), la cinéaste fait des merveilles. Elle joue des couleurs, certes - en positif ou en négatif - de façon convaincante (on a longtemps dans l’œil, dans le plaisir de l’œil, certains bleus nuit du début et le sanglant mauve d'une écharpe en négatif ou la pâleur forte, nimbée de jaune ou de vert, du corps de la "tuée"). Mais surtout - qui donne son ciment, sa pulsation au film -, elle recouvre (de plus en plus, semble-t-il, à mesure qu’on approche de la fin) son image d’une cristallisation de points et ce pailletage, ce poudroiement cotonneux, ce flocage de Nekes dans Amalgam), donne, en même temps qu’une concrétude supplémentaire à l’image, des arrangements colorés plus miroitants. » Dominique Noguez, 30 ans de cinéma expérimental en France 1950-1980, 1982. 

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